Nouilles « sèches » (Maj)

aubergines chinoises 2

Eh oui : en Chine, quand tu veux des nouilles, il faut préciser « sèche » (干 gan, qu’on prononce à peu près « canne » (1)), c-à-d : je ne les veux pas dans de la soupe. Car elles sont habituellement servies ainsi.

A Shanghai et sa région, il y a une recette de nouilles à l’aubergine (茄子 qiezi).
Vous allez dans une épicerie chinoise car vous ne trouvez ces fines et longues aubergines que là. Plus fermes car elles n’ont pas encore gonflé, elles ne sont pas spongieuses.

On prépare des nouilles de riz (plutôt plates) et on tranche les 3 ou 4 aubergines en grosses rondelles (2 cm).

On les fait revenir dans une huile quelconque qu’on jettera (2).. on arrose largement de sauce soja (酱油 jiangyou – celle de cuisine (3) qui est plus épaisse, pas celle de table) et on touille, fait encore un peu revenir.

Quand ça a une bonne tête, on mélange – touille avec les pâtes ou dépose sur les pâtes – c’est prêt.. à cela près qu’on jettera un peu de cives ou fanes de petits oignons émincées.. un peu de coriandre fraîche aussi (S’il n’y a pas de coriandre.. c’est pas chinois !)
Les chinois sont très sensibles à la présentation.. même en famille – avec du « brun », on met du rouge ou du vert ! Avec du jaune : du rouge ..

Avouez qu’on ne peut guère se régaler plus simple !

Léger et joliment végétalien.. les « non végétariens » – comme moi, ajouteront 50 g de boeuf émincé.
30 à 60 g de viande, c’est la « ration » chinoise ordinaire – tandis que la notre, c’est de 200, à 280 ! par repas !

Un épisode d’une série phare en Chine pour ceux que ça intéresse et après une pubbe merdrique, c’est « Que du bonheur ».. mais façon chinoise ! Et puis – on voit comment vit une famille de la classe moyenne.. comme chez nous – sauf que les chinois ont cette détestable habitude de pas bien parler le français comme nous :

jia_1

La Chine est plus grande que l’Europe, la Chine n’est pas un simple « pays » puisqu’elle est 17 fois la France (23 fois la population); alors, ne cherchez pas des nouilles shanghaiennes à Pékin – ce serait comme croire que la paella est le plat national norvégien 😉

(1) 干贝 ganbei (sec verre) ; cul sec !!

(2) Sauf huile d’olive – il n’y a pratiquement pas d’olives en Chine.

(3) 烹调 pengtiao : cuisine, cuisiner

Profils variables

Le thème – c’est « comparer ce qui est comparable » si tu veux.

Al.Hy doit assez couvent râler quand je mélange tout quand aux considérations techniques, musicales.
Elle a bien raison.. tout est question de « surface » médiatique.
De « Coeur de Pirate » à Empire Of the Sun voire Lady Gaga, il y a des précipices.

On peut se risquer qu’un auteur, un chanteur – a gagné ses trois étoiles de général quand il a fait le tour de la planète. D’abord : on est « très local », on chante entre potes. Ensuite – on peut avoir la chance d’être projeté, « sortir » et apparaître dans les médias; c’est là ou en est Al.Hi.
Mais sans « valoriser », on peut quand même comparer, car les schémas – petits ou grands, sont toujours les mêmes pour ce qui est de la qualité.
On peut avoir d’énormes moyens comme Lady Gaga – de gros moyens, comme Empire of The Sun, mais on peut aussi cartonner avec des moyens modestes comme les Michel Berger/France Gall et « Cézanne peint » mais qui restent dans l’Hexagone.
Quand « Johnny Halliday » va faire un boeuf à Las Vegas, c’est devant les 1.800 expats locaux toujours.

Les moyens engagés y sont pour beaucoup bien sur. Quand Madonna faisait le tour de la planète, on était obligé d’utiliser notre calculette en mode virgule flottante car elle n’affiche pas plus de 32 chiffres.
Les clips de Lady Gaga – ceux de feu Michael Jackson, se comptent en billion de dollars – « million » en français, de dollars.
La « surface » de la France dans l’histoire est bien short.. d’ailleurs, TOUS les labels sont US.

En somme : il n’y a pas que la qualité.. il y a surtout une masse de fric derrière tout ça; on est plus ou moins « vendables ».